Les médias sociaux nous permettent-ils vraiment de mieux communiquer ?

Les innovations dans les TIC s’enchainent à un rythme vertigineux, nos appareils sont capables de traiter toujours plus d’informations, d’offrir toujours plus de nouveaux usages. Mais est-ce que ces technologies de l’information et de la communication (TIC) nous permettent de mieux communiquer ? Dit autrement, est-ce que les médias et supports numériques rendent possible une meilleure compréhension entre les individus et les organisations ?

 

Ça veut dire quoi communiquer ?

 

Communication et médias numériques

Communiquer ne va pas de soi…

D. Wolton dans Penser la communication, fait une distinction cruciale, entre deux conceptions totalement différentes de la communication : la communication normative et la communication fonctionnelle.

La communication normative, renvoie à la définition originelle de la communication. Inventée au XII siècle, cette première définition du terme de communication était liée à la notion de partage et de communion. La communication c’est ce qui permet à des individus d’entrer en contact et d’échanger afin de mieux se comprendre et de partager des valeurs, une histoire, une destinée commune.

La deuxième conception de la communication, dont parle Wolton, c’est la communication fonctionnelle. Apparue beaucoup plus tard, au XVI siècle, elle a changé la définition du concept de communication. Avec cette conception, la communication est définie comme la capacité de diffusion et de transmission d’un message. Cette deuxième vision a rencontré un vif succès dans l’imaginaire collectif puisque son histoire est liée à celle de l’invention et à la démocratisation des premières technologies d’information et de communication d’envergure comme l’imprimerie. On a, à partir de cette époque, liée les concepts et les pratiques de communication aux technologies qui leur servent de support. Ce qui n’était pas le cas quelques siècles plus tôt.

Communication fonctionnelle et normative sont donc deux conceptions différentes de la communication . C’est pourquoi, elles ont donné lieu à des théories en sciences de l’information et de la communication (SIC) divergentes.

Communication télégraphique

Le vieux concept du télégraphe : au cœur des pratiques d’aujourd’hui

La communication fonctionnaliste a permis à Shannon et Weaver en 1949 de proposer le concept de la communication télégraphique.   Ces deux chercheurs estimaient que la communication comportait 4 choses : un émetteur, un message, un canal de communication et un récepteur.  Communiquer consiste, selon cette théorie, à créer un message et à le diffuser à des destinataires via des canaux de communication.   Si la communication ne fonctionne pas c’est qu’il y a du bruit: le message n’est pas assez bien fait ou le canal de communication n’est pas assez performant. On ne se préoccupe pas chez Shannon et Weaver de la façon dont le destinataire reçoit le message.
C’est sur cette théorie que repose le schéma de communication des médias traditionnels et les pratiques de beaucoup de communicants, même  aujourd’hui.

Pratiquement contemporaine à Shannon et Weaver, l’École de Palo Alto conceptualise la communication d’une toute autre manière, en se basant beaucoup plus sur les idéaux de la communication normative.  Ces chercheurs (Gregory Bateson, Paul Watzlawick…) n’ont plus focalisé la communication sur le message et les « tuyaux » mais sur les relations humaines. Pour cette École, la communication ce n’est pas que le message mais c’est aussi et surtout ce qu’il y a autour:  notre attitude, nos gestes, nos silences. C’est ce que l’on retrouve dans la fameuse phrase de Watlazwick « On ne peut pas ne pas communiquer ».

De ces travaux de l’École de Palo Alto, est né ce que l’on a appelé la conception orchestrale de la communication:  communiquer c’est un peu comme faire parti d’un orchestre dans lequel il n’ y a ni chef ni partition.  Et cela fonctionne car nous partageons avec les autres musiciens des normes, des règles, des rituels qui nous rendent « prévisibles ». La communication se réalise dans cette orchestre, par des biais multiples: notre posture, notre voix, la façon dont on se déplace….  Malgré le fait que nous jouons tous d’un instrument différent, nous arrivons tout de même à produire une musique homogène parce que l’ensemble des signes que nous transmettons nous permettent de construire de la communication (un sens commun, une compréhension mutuelle).

La conception orchestrale de la communication

La conception orchestrale : l’avenir des médias sociaux ?

Tous les discours des professionnels du web social véhiculent les valeurs de la communication orchestrale, fruit de la communication normative :  la communication doit s’horizontaliser car l’organisation ne doit pas se donner le statut de chef d’orchestre, le community manager à pour rôle de faciliter les interactions entre chacun afin de faire émerger un sens commun malgré les différences (nous ne jouons pas tous du même instrument).
Mais dans les faits la conception télégraphique de la communication est encore largement ancrée dans la manière dont les organisations abordent les médias et les réseaux sociaux numériques.

 

Le schéma télégraphique de la communication est-il remis en cause par les médias sociaux ?

 

Le numérique et les TIC sont certes partout, le web a beau être social, seule une minorité des organisations (entreprises, collectivités, associations) ont arrêter de se focaliser sur le message, les canaux de communication pour tendre vers une autre conception de leur communication rendant possible  une compréhension  et un dialogue mutuel entre elles et leurs clients ou usagers .

médias sociaux

Les médias sociaux nous obligent à repenser notre vision de la communication

La situation est donc plutôt paradoxale. Dans les discours, on affuble les médias sociaux de tous les superlatifs (révolution de la communication des organisations, l’entreprise à l’ère de la révolution numérique et sociale…), mais dans les faits, force est de constater qu’une majorité des organisations présentent sur les médias sociaux reproduisent le schéma télégraphique de la communication: elles émettent un message qu’elles envoient par le biais d’un tuyau (leur  blog, leur  site internet, leur compte facebook) sans envisager qu’elles peuvent co-construire ce message avec leurs destinataires.
Dit autrement, beaucoup d’organisations s’estiment être à la page du web 2.0 parce qu’elles utilisent les outils qui le symbolise : réseaux sociaux, blogs, forums, wikis… Mais combien prennent vraiment conscience des énormes changements que cela implique dans leur conception et dans leurs
stratégies de communication (vraiment dialoguer avec ses clients et ne plus seulement leur transmettre un message par exemple) ?  Très peu.

A mon sens, aujourd’hui, il y a encore et c’est bien normal, une forme d’immaturité et de manque de recul par rapport à l’impact des médias et des réseaux sociaux numériques.  Beaucoup d’organisations se sont lancées sur les médias sociaux en pensant que le web 2.0 c’était juste des canaux de communication supplémentaires disponibles pour promouvoir à peu de frais leurs produits ou leurs services.  Peu ont vraiment compris la chance extraordinaire que leur offre le web social: celle de pouvoir s’asseoir au-côté de leurs clients pour jouer ensemble une symphonie collective.

La question qu’on peut se poser est la suivante : si les changements profonds dans les schémas cognitifs et les logiques communicationnelles des organisations sont si lents, pourquoi diable celles-ci se lancent à corps perdu dans le web social ? Et ben ça c’est la faute en grande partie à…. l’idéologie techniciste !

 

L’idéologie techniciste: la plaie des médias sociaux numérique ? 

 

Idéologie techniciste

Les TIC sont au-cœur de notre société contemporaine

Même si nous n’avons pas tous la même représentation du réel, force est de constater que nous partageons à peu près tous une idéologie commune  : la croyance dans les vertus de la technique. Fondamentalement, ce qui fait que nous vivons dans une époque marquée par l’idéologie techniciste c’est que nous mettons dans les solutions techniques les mêmes espoirs que l’on mettaient hier dans la religion, la politique ou la science : la capacité à résoudre nos problèmes économiques, sociaux, politiques environnementaux…Une grande partie des Occidentaux s’étant détournés par méfiance d’au-moins une des trois institutions citées, ils mettent dans la technique leurs espoirs déçues. Quel est le rapport avec la communication numérique et les médias sociaux ? Et bien j’y viens !

Et j’y viens au-travers d’un exemple concret. ;-)  Aujourd’hui l’idéologie techniciste ambiante, portée par des entreprises et des individus, pousse toutes les collectivités à investir les réseaux sociaux qui sont en soi des outils techniques (Facebook, Twitter, Google +…) Derrière ces outils techniques de communication, la collectivité en question à des objectifs précis comme par exemple; rétablir le lien social entre les habitants, faire renaitre le sentiment d’appartenance à la ville. Mais ce que l’on observe bien souvent c’est que les stratégies de communication adoptées par les collectivités sur les réseaux sociaux, ont souvent tendance à individualiser  la relation entre la collectivité et l’internaute-citoyen. On s’adresse sur la page fan, sur le fil Twitter, à chacun des cyber-citoyens, personnellement. Pour autant on ne parle que très rarement à la communauté dans son ensemble. Ce qui revient à aller totalement à l’encontre de l’objectif premier (recréer un sentiment de communauté) voire à aggraver le problème identifié (l’explosion des liens sociaux et l’individualisme ambiant dans la commune). Pour autant, ces collectivités vont rarement aussi loin dans l’analyse de l’impact réel de leur utilisation des médias sociaux. Elles se contentent d’y être parce qu’il faut y être et elles estiment changer fondamentalement leur façon de communiquer parce qu’elles utilisent les derniers outils à la mode. Bref, on est en plein dans l’idéologie technique !

Ce problème de fond se retrouve aussi dans les entreprises privées. Ce n’est pas parce que Facebook permet de créer des espaces propices à l’émergence de communautés (fan pages, groupes….) que les fans de toutes les marques ont le sentiment d’appartenir réellement à une communauté. Quel est le lien entre ces individus mis à part qu’ils ont un jour cliquer sur « J’aime»  la marque ou l’entreprise X  ou pire qu’ils ont aimé la marque ou l’entreprise X parce qu’elle a posté un jour une vidéo de lolcats qui a fait le buzz ? En quoi ont-ils l’impression que l’organisation qu’ils ont  liké  leur permet d’appartenir à un groupe doté de valeurs et d’objectifs communs ? Je ne dis absolument pas que toutes les communautés sur les médias sociaux sont superficielles sinon j’arrêterai mon job de CM ;-). Par contre, je suis convaincu, que beaucoup d’organisations ont l’impression de gérer des communautés qui n’en sont en fait pas du tout. Mais elles les voient comme telles parce que l’idéologie techniciste, portée par des professionnels et des organisations qui gagnent leur vie grâce au web social, leur a vendu comme telle.

 

Conclusion :

 

Non, je ne suis pas un grincheux et non je ne suis pas de ceux qui pensent que le web social est une mode,  que le numérique, en général, ne va rien changer dans la manière de communiquer des organisations et des individus dans les années à venir. C’est même tout le contraire ! Je scrute avec passion toutes les innovations en matière de TIC. Je suis fasciné par le foisonnement créatif et les inventions des entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies.  La révolution du web social m’apparait comme l’un des changements les plus importants dans l’histoire d’Internet, des médias et plus largement dans la communication des organisations.
Mais dans cette tornade d’innovations et de promesses qui feront, suivant les porteurs de l’idéologie techniciste, du monde numérique de demain un monde forcément meilleur qu’aujourd’hui, il faut raison gardée. Tous ces outils sont des supports de communication. Or il ne faut jamais réfléchir en terme de supports.
Bien communiquer, surtout à l’heure du web social, ce n’est pas forcément bardé son site internet de widgets sociaux, se lancer sur le dernier réseau social tendance, ou lancer « bêtement » son appli mobile parce qu’on a entendu parler de « Solomo« .  S’adopter à toutes les modes et à toutes les innovations, sans discernement, mais seulement pour gagner de la visibilité sur le web c’est être dans une conception télégraphique de la communication car on se focalise dès lors uniquement sur le message et le canal de communication.  Je ne dis pas que la visibilité sur le web n’est pas cruciale pour les organisations, mais s’arrêter à cela c’est ne pas comprendre les vrais changements qu’induisent  le web social et le monde numérique de demain.

Si les organisations ne prennent pas la peine de revoir totalement leur conception de la communication, de  repenser les logiques de collaboration avec leurs clients, de remettre à plat les logiques de management en interne…  alors les médias sociaux ne leur permettront jamais de mieux communiquer. Par contre si elles prennent le temps et si elles ont  le courage de comprendre et d’accompagner les évolutions induites par le web social alors leur communication prendra une toute nouvelle dimension et se rapprochera de l’idéal de communication normative et de la conception orchestrale de la communication dont je parlais plus haut.
Il est de la responsabilité des communicants d’aujourd’hui de ne pas voir les TIC et plus spécifiquement les médias sociaux comme des tuyaux de communication supplémentaires mais bien comme l’occasion de changer profondément leurs conceptions et leurs pratiques de communication en s’intéressant réellement à leurs communautés. C’est à ce prix que l’Internet de demain sera vraiment un espace unique de concertation et de compréhension mutuelle entre les organisations et leur public.

  • Quelle est votre position sur l’usage des médias sociaux par les organisations à l’heure actuelle ?   A vos commentaires ! :-D

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16 Responses to “Les médias sociaux nous permettent-ils vraiment de mieux communiquer ?”

  1. Manue says:

    Je me demande si c’est pas une vision un peu idéaliste de l’entreprise. L’organisation, aussi 2.0 soit elle, a toujours comme objectif n°1 de faire de l’argent. Pour ça, elle va essayer de se donner de la visibilité partout ou les consommateurs sont. Sur Facebook par exemple.
    Après, est-ce que nous, consommateurs, on a vraiment envie de faire partie de « la communauté des gens qui adorent les Mars (et ça repart) » ? Tu parles de rejet des institutions fondatrices (religions, etc.), est-ce que les médias sociaux doivent être au service de l’institution « consommation » ?
    Du coup, c’est peut-être moi l’idéaliste, mais je suis pas sûre, finalement, d’avoir envie d’adhérer à ça.
    Par contre, pour les collectivités, je suis plutôt ok. Mettre les médias sociaux au service de la démocratie, des relations de proximité, je trouve ça plutôt cool. Remettre le citoyen au coeur des instances publiques, tenter de le faire participer aux décisions locales, ouais … Mais le reste … ça reste « que » du business et y’a finalement que la marque/orga qui a quelque chose à y gagner (ah, sauf pour les 5% de réduction accordés aux fans FB 1 fois par an) !
    Voilà, j’en ai fini pour mon commentaire de pseudo-anti-société-de-consommation-rebelle-des-lycées :p

    • Julien says:

      Hello Manue,

      Merci pour ton commentaire :-D Je me doutais bien que quelqu’un me ferait cette remarque ma foi, très pertinente ;-).

      On est d’accord pour une entreprise privée, les médias sociaux comme n’importe quel média, le service médias sociaux omme n’importe quel service, doivent lui permettre de gagner de l’argent ou au moins d’éviter d’en perdre. Ce que je critique c’est pas du tout le fait que les entreprises utilisent les médias sociaux pour être plus visibles mais c’est que globalement elles ne les utilisent que pour ça.

      Or, avec les médias sociaux on peut aller très loin dans la satisfaction client, dans la capacité des organisations à créer des produits ou des services qui soient en phase avec les attentes des consommateurs… Ça c’est pour la partie « externe » mais en « interne » aussi les réseaux et médias sociaux peuvent être un moyen de créer de la richesse (on est encore à la préhistoire du développement des réseaux sociaux d’entreprise). Or les marques se contentent bien souvent de se servir des médias sociaux comme d’un panneau d’affichage, avec en dessous l’idéologie que je critique dans l’article, et c’est bien dommage parce qu’elles sont assis sur un paquet d’or sans le savoir…

      Effectivement pour les collectivités, les potentialités des médias sociaux paraissent plus évidentes avec tous les exemples que tu as donné. Mais même à leur niveau, la marge de manœuvre pour remettre le citoyen au cœur des institutions est encore énorme même si les choses évoluent très vite. A peine 30% des départements sont sur les réseaux sociaux et au-delà des chiffres quantitatifs, quand tu regardes certaines pratiques des collectivités sur les médias sociaux, tu te dis que le message est pas encore vraiment passé.

      En bref y a encore beaucoup de boulot à faire en conduite du changement. Mais on est là pour ça, pas vrai ? ;-)

  2. Je trouve cet article très intéressant et bien au coeur des questions qui se posent pour les marques aujourd’hui. Sur le papier on comprend tout, en réalité on peine à se dégager des habitudes publicitaires et c’est là une belle erreur. Mon avis est que le web social pour les marques qui ne génère que très peu d’attachement est le lieu du service client. Encore faut-il être en mesure d’en avoir un de qualité. Merci en tout cas pour cette petite histoire de la communication.

    • Julien says:

      Merci pour ton commentaire Élodie :-D. 100% d’accord avec toi. J’aurai juste une toute petite objection: tu dis que le web social génère très peu d’attachement entre les organisations et leur public. Je dirai plutôt que ça pourrait être bien mieux mais que l’on vient de très loin ;-) Parfaitement d’accord avec toi aussi sur les possibilités offertes par le web social en terme de relation client.
      Je te remercie en tout cas pour ton retour et je suis très content si tu as apprécié cet article.
      A très vite, j’espère ;-)

      Julien

      • Elodie says:

        Non non, si tu relis, je dis que POUR les marques qui ne génèrent que peu d’attachement (j’en profite pour corriger ma faute d’orthographe), le web social doit être le lieu du service client. Au plaisir de lire ce blog et d’échanger. Elodie

        • Julien says:

          Autant pour moi, j’avais mal lu ;-) et bien dans ce cas je suis parfaitement d’accord avec toi !
          A très bientôt Élodie !
          Julien

  3. Raphaël says:

    Salut Julien,

    Je partage ta vision de la communication actuelle et te remercie pour ton article exposant ton regard critique sur la façon d’exploiter les médias sociaux dans la communication.

    Tu m’amènes à la question suivante, dont j’aimerais avoir ton avis :
    les entreprises/collectivités/publicitaires n’ont-ils pas mis trop de temps à changer leur manière de communiquer pour exploiter (enfin) le potentiel du web social qui s’offre à eux ?

    Je m’explique :
    maintenant que les internautes ont (pour beaucoup), ancré dans leur tête cette méfiance dont parle Manue vis-à-vis des organisations dans les relations qu’elles partagent sur les plateformes sociales d’aujourd’hui (l’argent, le business au coeur de leurs politiques et pas nécessairement le consommateur, la communauté), est-ce que le travail pour faire changer ce « stéréotype » de l’utilisation des médias sociaux actuels par les marques ne va pas être trop difficile ?

    • Julien says:

      Hello Raphaël !

      C’est moi qui te remercie du compliment et d’avoir pris le temps de poster ce commentaire ! :-D

      Pour répondre à ta question, je suis persuadé que les organisations qui n’auront pas fait largement évoluer leur manière de communiquer pour être présent sur les médias sociaux vont avoir énormément de mal à s’adapter, ce qui les conduiront à de belles désillusions. Le changement est profond donc forcément ça demandera du temps et ce sera parfois compliqué pour certaines. Après il n’est jamais trop tard pour changer mais le tout c’est de le faire bien en changeant sa conception de la communication et les stratégies qui vont avec. Et ça c’est loin d’être le morceau le plus simple.

      Encore merci à toi pour ce commentaire et pour ta question !

      A très bientôt sur Communicant numérique ;-)

  4. Bonjour Julien!

    Ta critique sur les usages des médias sociaux par les communicants me parait tout à fait juste.
    Je suis particulièrement d’accord avec toi sur le fait qu’il est indispensable que les « communicants » modifient et évoluent dans leur pratique des médias sociaux en faisant du Net un espace commun d’échanges et de concertations. Et j’irai encore plus loin en disant que c’est de leur devoir de faire circuler cette nouvelle conception des choses aux organisations pour que le fossé entre elles et leur audience (clients, publics etc.) ne se creuse pas d’avantage.
    Même si ces organisations délèguent (et c’est bien normal) à leurs communicants la tâche de mobiliser l’audience, il est toujours important qu’il n’y ai pas un décalage trop important avec les décisionnaires qui bien trop souvent ne voient que le nombre de « likes » et ne prennent pas en compte la dimension de dialogue et de communauté engendrée par les médias sociaux. LMais ceci est peut-être un tout autre sujet!

    Article n’en est pas moins très intéressant !

    • Julien says:

      Hello Brune !

      Tout d’abord un grand merci à toi pour ton commentaire. Je suis totalement d’accord avec toi : certes les communicants doivent changer leurs pratiques mais ils doivent aussi amener les organisations pour laquelle ils travaillent à évoluer. Je pense par exemple à l’apport potentiellement énorme que la « philosophie » des médias et réseaux sociaux numériques peut apporter dans le changement des modalités de coopération et de travail des collaborateurs d’une entreprise. Toi qui travaille dans le monde des ressources humaines, ce doit faire l’objet de vifs débats, non ?
      Ce que tu dis à la fin de ton commentaire est très vrai. La légitimité du travail des communicants sur les médias sociaux passera aussi par leur capacité à élaborer et travailler avec des KPI « audibles » par les autres services et par leur direction. Or, rendre compte d’interactions humaines peut difficilement se faire uniquement par des chiffres. Mais effectivement, comme tu le rappelles, c’est un autre sujet ! Les KPI sur les médias sociaux font l’objet de débats houleux et il faudrait presque un livre pour en parler ;-)

      Merci à toi d’avoir pris le temps de lire cet article et de partager ton avis sur le sujet !

      A très vite sur Communicant numérique.

  5. Soops says:

    Hello Julien,
    Merci, pour le cours de com, bon article. Je suis complètement d’accord : on en est à la préhistoire, et la volonté des institutions de rentrer réellement en communication avec leur marché/usagers n’est pas encore au rendez-vous… C’est que tout ça est très nouveaux, et fait peur : communiquer (au sens de palo alto, c’est à dire établir une relation – le reste n’étant que bruit… polluant d’ailleurs) c’est se dévoiler un peu, c’est accepter de ne pas tout maîtriser… c’est compliqué !
    C’est peut-être aussi une question de maturité des internautes/clients/usagers après tout : quand ils en auront marre de la communication « à la papa » et qu’ils le feront suffisamment savoir/qu’ils inventeront eux-mêmes d’autres pratiques, alors… alors le monde sera plus beau, mon poil plus brillant et mes mains plus douces.
    Blague à part : pour poursuivre et illustrer ton analyse, as-tu des exemples de « communications communautaires » qui fonctionnent ? Le phénomène « je-fais-du-web2-comme-du-minitel  » a l’air de toucher pas mal de collectivités et ça me triste et me pénible. Si tu as des contre-exemples, des collectivités qui ont des pratiques réellement web2 (ou même 3 soyons fous), non seulement tu auras mis du baume à mon écran et ma reconnaissance éternelle, mais je likerai tous tes articles pour l’éternité ;-)

    • Julien says:

      Salut Soops,

      Avant tout chose : un grand merci à toi pour ce long commentaire ! :-D

      Ceci étant dit, il est temps que je te réponde.;-)

      Communiquer sur les médias sociaux nécessite, comme tu le dis très bien, de se « se dévoiler et d’accepter de ne pas tout maitriser ». Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus bloquant pour les organisations aujourd’hui. Elles doivent admettre qu’elles ne sont pas à la source de tout, qu’elles ne doivent pas être toujours dans une démarche de contrôle mais au-contraire dans une posture systématique d’ouverture afin d’offrir une image plus humaine et plus proche de leur public.
      Bien entendu, je me suis concentré sur leurs pratiques mais comme tu le rappelles, les attentes et usages des internautes sont tout aussi hétérogènes.

      Pour ce qui concerne les collectivités, il y en a effectivement qui se démarquent et sortent leur épingle du jeu. Je pense en particulier à deux régions : l’Auvergne et la Picardie. Elles ont une belle audience sur les médias sociaux (nombre de followers, nombre de fans, portée…) et elles sont dans une vraie démarche de dialogue et d’échange avec leurs habitants. Pour te donner un exemple concret, elles n’hésitent pas à accueillir sur leur page du contenu proposé par leurs fans (je pense en particulier à des photos).
      Après je te dis pas qu’elles font les choses parfaitement mais ces deux collectivités sortent vraiment du lot actuellement en étant dans une optique de valorisation de leur région (marketing territorial) qui émerge plutôt naturellement par le dialogue et l’échange avec les habitants. Ce sont des pratiques suffisamment rares pour être saluées !

      Voilà, j’espère avoir mis un peu de baume à ton écran;-)

      Souviens toi maintenant : tu dois liker tous mes articles pendant l’éternité:-D

      Encore merci à toi pour ton commentaire.

      A très vite.

      Julien

      • Soops says:

        Je like ! Je suivrai donc avec attention les pratiques de ces territoires. Si ça te dit, je te ferai part de mon côté d’éventuelles découvertes de pratiques sympa. Merci bien pour ta réponse(aussi diligente que la mienne ;-) et à bientôt ici ou ailleurs

        • Julien says:

          Salut Soops,

          Aucun problème ! N’hésites surtout pas, je ne demande que ça :-P

          A bientôt.

  6. Excellent papier. Je me suis permis un lien vers un des textes de mon blog consacré à la compublique « Réduire la résistance de la compublique aux réseaux sociaux par un nouveau paradigme » : http://thebaultmarc.expertpublic.fr/2011/06/27/reduire-la-resistance-de-la-compublique-aux-reseaux-sociaux-par-un-nouveau-paradigme/

    • Julien says:

      Hello Marc,

      Merci à toi ! Pas de problème pour le lien. Je vais aller lire ton article de ce pas ;-)

      A bientôt.

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